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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 19:10

ENVIRONNEMENT



          Ce que j'entends ici par environnement, c'est bien sûr tout ce qui nous entoure, ce qui semble à première vue naturel mais qui porte l'empreinte de l'homme. En fait, la notion d'environnement émane de la perception de l'homme en tant que centre de la nature, à tel point que nous avons un ministère de l'environnement, mais pas de la nature*. L'écrasante majorité du territoire français est soumise à une gestion environnementale, à tous les niveaux de l'organisation politique. Notre pays ne compte pas moins de 7 parcs nationaux, 45 parcs naturels régionaux, 326 réserves naturelles, 13 265 refuges LPO, et pardon à tous ceux que j'oublie.

Il n'est plus question de sélection naturelle. Nous procédons à des implantations d'animaux par endroits, et à des régulations ailleurs (les sociétés de chasse par exemple délivrent des permis pour tuer un nombre précis de certains animaux). L'environnement a remplacé la nature, et la gestion des populations animales prend le risque de figer le processus de sélection naturelle. Même chose dans le monde végétal avec  l'apparition de superpuissance(s) industrielle(s) inondant la planète de nouvelles plantes qualifiées d'OGM. Les insectes et les bactéries par contre mutent à des cadences forcées pour s'adapter à nos utilisations massives de produits chimiques. Ces deux tendances, ici à l'inertie de l'évolution et là aux mutations accélérées sont en train de redessiner la biosphère à une vitesse incroyable.

Déjà dans le langage courant, ce que nous appelons nature n'est plus que l'environnement, c'est-à-dire notre environnement. Les forêts deviennent «écogérées» (je ne retrouve le mot que dans la publicité de certains fabricants), ce qui veut dire en clair qu'elles entrent dans le domaine industriel. Comment ne pas faire le rapprochement entre le passage de la forêt naturelle à la forêt «écogérée» et celui de la cueillette à l'agriculture (à quand les forêts Monsanto ?). Je parle ici d'un prochain bouleversement majeur de tout un pan de la nature, dont la vie animale devra bien se satisfaire.
* pas de rapport avec le fait que tous les pays ont un ministère de la défense, alors que je ne connais aucun ministre de l'attaque.

 

 

JARDIN ET AMENAGEMENTS

 

 

Dans ce contexte, il y a gros à parier que ce sont les initiatives privées qui feront la différence. Les jardins, privés ou publics, deviennent les espaces privilégiés de la perpétuation de la vie animale et végétale. Les photographies aériennes montrent que les espaces les plus boisés de notre territoire se déplacent...dans les villes. Plus exactement dans les zones suburbaines.

D'ici à dire que c'est là que la vie peut et doit reprendre ses droits, il n'y a qu'un pas. Des écosystèmes, certes artificiels mais néanmoins viables, s'y mettent en place et il est facile d'y favoriser un équilibre biologique. Bien sûr, ces jardins ne sont qu'un biotope parmi tant d'autres mais celui-ci au moins a le mérite d'être viable à long terme : c'est une œuvre de construction, cependant que les développements démographique, agricole souvent, et industriel ont des effets destructeurs partout ailleurs.
C'est en ces termes que nous devrons sans doute repenser l'aménagement et l'entretien de nos jardins et espaces verts, sous peine d'aboutir prochainement à un état de stérilité bioécologique invivable. Les jardins ne peuvent plus se permettre d'être de simples pansements verts sur les plaies de la nature. Il est important qu'ils deviennent une des bases de la reconstruction environnementale.
J'ai bien dit environnementale et non pas naturelle, parce que la nécessité est maintenant établie de partager nos territoires, hommes, plantes et animaux, pour aboutir à un nouvel équilibre écologique.
La question de l'imbrication de nos habitats n'est même plus à discuter.



 « BIO »

Pendant longtemps, la notion de jardin s'est résumée au potager et au verger. Les jardins d'agrément étaient l'affaire de quelques privilégiés. Il s'agissait de produire sa nourriture de la façon la plus abondante et la moins chère possible. Les produits chimiques étaient largement employés, puisque seul le résultat comptait. Les facilités offertes par le développement de la distribution ont changé la donne : le jardinier amateur ne cherche souvent plus à produire beaucoup, mais à produire mieux et de meilleure qualité que les produits du commerce.

Les informations circulent et nous comprenons mieux l'interdépendance qui existe entre la qualité de notre relation à la nature et celle de notre production, puis de notre vie en général. Nous commençons à percevoir que les produits chimiques nécessaires à une production intensive ne font que remplacer ou reproduire des processus naturels de fertilisation du sol ou de prédation des ravageurs, et qu'ils n'ont pas de réelle nécessité dans le cadre d'une production extensive et encore moins familiale.
Je tiens à le dire clairement : je ne pense pas que le bio (culture et élevage biologiques) soit un retour à des valeurs perdues. Je pense qu'au contraire il constitue un réel progrès dans la compréhension globale de notre rapport à la nature, et qu'en cela il est nettement novateur.  A terme, son impact peut et doit être considérable sur l'ensemble de la biosphère et de ses populations, de la bactérie à l'être humain. Non, le bio n'est pas naturel, il est simplement une des formes les plus abouties de notre gestion des ressources naturelles (dans l'agriculture,
l'élevage, l'habitat, le textile et la production d'énergie entre autres), c'est-à-dire de la gestion de notre impact sur la planète.

 

 

 

OISEAUX ET FAUNE

 

 

Comment ne pas s'étonner devant le nombre d'espèces animales directement dépendantes de l'homme ?  En réaménageant à notre avantage notre espace naturel commun, nous avons privé nombre d'animaux des ressources nécessaires à leur survie : habitat, territoire, nourriture, espaces de reproduction. Les oiseaux des jardins, et tout particulièrement les cavernicoles, sont presque tous menacés d'extinction. Même les populations de moineaux sont en déclin alarmant. Si nous ne multiplions pas les nichoirs et les mangeoires, si nous ne développons pas les jardins biologiques, si enfin nous ne nous montrons pas attentifs à préserver ou à semer les plantes qui les nourrissent, la plupart disparaîtront en 30 à 50 ans. Je vous parle d'un temps que les moins de quarante ans connaitront forcément ! Pour couronner le tout, les scientifiques ont montré qu'en raison du réchauffement climatique les populations d'insectes migrent vers le nord bien plus vite que les oiseaux. Autrement dit, la nourriture se fait plus rare et rend à ces derniers la vie plus difficile encore. En forêt aussi, le nourrissage des grands animaux devient nécessaire, et ils deviennent de plus en plus dépendants de l'homme.
Combien d'espèces animales ou végétales disparaissent-elles tous les jours ? Nous ne pouvons obtenir que des estimations, c'est tout
dire... Et combien n'existent plus que dans les zoos, ou au mieux dans les réserves ? Nous ne pouvons pas nous contenter d'un monde où seuls survivraient les animaux domestiques et quelques espèces pillardes. Pourtant, je me souviens encore de l'accueil pour le moins polémique réservé à quelques ours ou à guère plus de loups, tout là haut dans la montagne...


 

 


 



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