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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 10:35

NATURE

 

C’est volontairement que je réduis ici la Nature à l’ensemble des êtres vivants, animaux et végétaux. J’irai même plus loin en désignant sous le terme de Nature les êtres vivants non soumis à l’empreinte de l’homme, de façon à établir la différence avec la notion d’Environnement.

Le premier problème, quand on parle de la nature, est de se demander ce qu'il en reste, et pour combien de temps. Comment faire autrement après tant de débats sur la couche d'ozone, la mort progressive des coraux, le dépeuplement des océans ou la disparition de la mer d'Aral, pour n'en citer que quelques uns ? La déforestation se poursuit au rythme infernal de 13 millions d'hectares par an (la surface de l'Angleterre), et chez nous il faut bien convenir que l'immense majorité des forêts n'existe encore que parce qu'elles sont situées dans des endroits inexploitables par l'homme. Voyez la surface impressionnante de forêt détruite par des incendies criminels chaque année dans le Midi.

Le règne animal n'est pas mieux loti : on estime que 20% des espèces auront disparu d'ici à 2030, et jusqu'à 37% en 2050. Autant dire demain. Pour parodier Shakespeare, être ou ne pas être  n'est plus la question. Reformulons : être, oui mais pour combien de temps ? Ne sera-t-il bientôt plus besoin d'être amateur d'art pour contempler une nature morte ?

 

 

 

ECOSYSTEMES


           Il serait trop simple d'imaginer Dame Nature comme un tout indissociable et homogène. En fait, il s'agit plutôt  d'une accumulation (et souvent d'une imbrication) d'écosystèmes. Un écosystème est une unité écologique formée d'une communauté d'espèces vivantes et d'un environnement physique (biotope). Les océans et les forêts sont des écosystèmes, la mare au fond du jardin aussi.

Jusqu'ici, les écosystèmes naturels ont suivi la lente et laborieuse évolution de l'activité humaine, ils ont eu le temps de s'adapter.Mais la machine s'est emballée : le défrichage au bulldozer, l'arrachage des haies, la sédentarisation croissante de nomades avec leurs
troupeaux, et les déplacements d'espèces animales ou végétales non endémiques ne laissent
plus assez de temps pour s'adapter. Que dire de l'impact de la taxifollia, des frelons chinois, grenouilles américaines, tortues de Floride, silures, coccinelles asiatiques ? Que penser de ces importations massives d'arbres exotiques qui n'ont pas d'insectes associés dans nos régions pendant que d'autres  insectes prennent tranquillement l'avion ?

Mais soyons juste, les plus gros problèmes sont aussi les plus insidieux. Les phosphates qui n'engraissent pas que les cultures, les pesticides, les désherbants, les actions mécaniques créent des déséquilibres qui amplifient les différences de faculté d'adaptation entre les espèces. On remarque facilement la diminution sensible du nombre de nos passereaux et en retour l'augmentation des populations de pies, corneilles, pigeons ou tourterelles turques, et même les mouettes que l'on retrouve de plus en plus loin dans les terres.

Vous l'aurez compris un écosystème est une petite chose fragile et délicate, ne pouvant survivre qu'en équilibre.
Les écosystèmes artificiels (prenant l'homme en considération comme partie intégrante) semblent ma foi plus viables : ils sont pensés, gérés, analysés et contrôlés. Et en plus ils appartiennent à quelqu'un (personne physique ou morale) ! Ne riez pas, c'est important, un propriétaire a toujours intérêt à protéger son bien... Reste à savoir dans quelle mesure ils sont porteurs d'une biodiversité représentative.

 

 


INTERDEPENDANCES ENVIRONNEMENTALES

 

Nous savons bien que les faisans, perdreaux et autres gibiers que nous croisons au cours de nos promenades campagnardes sont issus d'élevages spécialisés. Dans ces conditions la chasse ne s'apparente-t-elle pas un peu à un abattage d'animaux d'élevage ? Je parle bien entendu de chasseurs responsables, pas de ceux qui vont tirer sur n'importe quoi histoire de faire un carton. Il est amusant de constater que ces animaux que nous disons sauvages sont nés en captivité, souvent éclos en couveuses, alors que d'autres animaux vraiment sauvages investissent peu à peu les villes à la recherche de poubelles pleines de déchets qui souvent ne devraient pas en être ; autrement dit ce que nous gaspillons dans notre surabondance de consommation. Voici donc venir ici ou là des renards, des ours ou des ratons laveurs devenus citadins à la nuit tombée.

Pas de problème, ces chassés-croisés animaliers sont le reflet de l'époque, on peut vivre avec. De même pour les mouettes que l'on retrouve si loin dans les terres, et surtout dans les décharges d'ailleurs.
Les australiens ont eu l'occasion de se rendre compte de l'impact de nos inoffensifs lapins, et aujourd'hui nos moyens de transport facilitent des déplacements d'animaux pour le moins...ravageurs. Tout aussi alarmants sont les déplacements de pollution. Nuages baladeurs, nappes phréatiques et cours d'eau contaminés, océans poubelles...
D'ailleurs, à propos de poubelles, je ne sais même pas où finissent les miennes !

 

 

 

LA VIE SAUVAGE

 

 Est-elle encore sauvage, ou retranchée ?  L'espace vital des animaux vraiment sauvages se réduit comme peau de chagrin, tous les jours davantage. Dans ces conditions, y a-t-il encore un avenir pour le monde sauvage ? Même les requins et les baleines, maîtres jusque là incontestés de l'immensité des océans, sont aujourd'hui menacés.

Nous sommes issus de la nature, pouvons nous vivre sans ? Je n'ai pas de réponse. Je constate simplement qu'une part toujours croissante de nos jeunes citadins s'enferment plus dans des mondes électroniques et virtuels qu'ils ne profitent de la vie réelle. Leurs ancêtres étaient issus d'une nature sauvage dont eux n'ont plus besoin. La nature, dit-on, reprendra toujours ses droits. Oui mais quelle nature ? Issue de quelle biodiversité, émanant de quel équilibre salutaire ? Je l'ai dit, les espaces protégés dédiés à la préservation de la vie sauvage sont trop souvent des zones difficiles, où nous ne voudrions pas vivre nous même. Et voici que nous nous en satisfaisons au nom des animaux, sans considération pour les espèces à valence écologique faible, celles qui s'adaptent difficilement.
Ne sommes nous pas en train d'organiser en toute bonne foi une nouvelle sélection naturelle ? Et selon quels critères, les nôtres ou ceux qui sont dits naturels ? Je ne critique personne, au vu de l'état des lieux tout est bon à prendre.
Mais bon, quand même, on peut se poser des questions, non ? 
 

 

 

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